Le courage d’un alsacien prédicateur et forgeron lors de l’accident de train à Tiefencastel

Suite au spectaculaire accident de train près de Tiefencastel, les passagers racontent leur choc. Certains doivent leur vie au courage d’un Alsacien.

Si les 180 sauveteurs ont été mobilisés très rapidement, ils n’ont pas pu accéder au site dans l’immédiat. Avant leur arrivée, un passager s’est notamment distingué par son courage, raconte le Blick. Il s’agit de l’Alsacien Francis Meyer, un prédicateur et forgeron. «J’ai entendu un grand bruit et le train s’est arrêté». En regardant à la fenêtre, il a constaté que plusieurs passagers avaient été éjectés du train.

«J’ai entendu une femme crier à l’aide. Ça m’a fait mal d’entendre ça. Il fallait que je l’aide. Cette femme était couverte de pierres et d’éboulis, menaçant de s’étouffer dans la boue».

Après l’avoir dégagée et mise en sécurité, François Meyer a continué sa mission de sauvetage, pendant une heure, avant l’arrivée des secours – conscient du risque que le wagon pouvait glisser dans le précipice à tout moment. L’Alsacien s’est démené pour rassembler les blessés hors de la zone de danger, à en croire le Blick. Puis les secours sont arrivés.

Remercié par de nombreux passagers, Francis Meyer se contente de répondre que c’est Dieu qui lui a donné le courage et la force d’agir. «C’est un miracle que ce n’ait pas été plus grave, et c’est un miracle que tout le monde ait survécu.»

Il s’en est fallu de peu pour que l’accident ne se transforme en catastrophe. Après que le train a déraillé à cause d’un glissement de terrain, mercredi 13 août près de Tiefencastel (Grisons), les onze blessés (dont cinq graves), ont été pris en charge et leurs jours ne sont pas en danger.

Si les 140 passagers peuvent s’estimer chanceux, certains sont néanmoins en état de choc. Quelques uns ont raconté leur cauchemar à nos confrères du Blick.

Pas de panique

«Il y a eu comme un coup de tonnerre, un vacarme énorme. Puis j’ai vu que nous avions déraillé et que la moitié du train était suspendue dans le vide. J’espérais que notre wagon ne tombe pas lui aussi.»

D’après le témoignage de Max Lienert, 70 ans, de retour de vacances, aucune scène de panique ou d’hystérie n’a eu lieu. Les 140 passagers ont gardé leur calme, ou étaient sous le choc. Certains étaient convaincus que leur dernière heure avait sonné. D’autres, sortis en suivant les consignes par l’arrière du train, trébuchaient sous le coup de l’émotion.

Un mort et quatre blessés graves dans une collision entre Brunstatt et Bruebach

Le choc qui s’est produit entre les deux véhicules a été extrêmement violent : Mike Knopf, un jeune homme de 22 ans originaire de Bruebach, est décédé, dans la nuit, des suites de l’accident et quatre personnes ont été grièvement blessées.


La première voiture, une Suzuki Swift, était conduite par une jeune fille de 19 ans, également originaire de Bruebach. Son compagnon, Mike Knopf, était assis à sa droite. Dans la seconde voiture, une Dacia Sandero, se trouvait un père, une mère et leurs trois enfants, domiciliés à Brunstatt. Une quarantaine de pompiers ont été requis sur place pour désincarcérer les cinq personnes.

Un tronçon dangereux

Les blessés ont immédiatement été pris en charge, puis évacués. La mère, âgée de 42 ans, qui se trouvait à l’arrière, tout comme son fils âgé de 11 ans, blessés à la tête, ont été transportés à l’hôpital Pasteur de Colmar. Le pronostic vital de la passagère, souffrant d’un important traumatisme crânien, était toujours engagé hier.

Le père de famille a quant à lui été évacué à l’hôpital Emile-Muller de Mulhouse. Il souffre de fractures et d’une contusion pulmonaire. Le fils aîné du couple, âgé de 14 ans et qui se trouvait sur le siège passager avant, est atteint de multiples fractures aux membres inférieurs. Seul le plus jeune garçon, âgé de trois ans, est sorti indemne de l’accident.

La conductrice de la Suzuki souffre également de plusieurs fractures. Son état était stable hier en fin d’après-midi.

La route a été coupée à la circulation par les gendarmes de Rixheim pendant près de quatre heures. Les policiers de Brunstatt ont ouvert une enquête pour éclaircir les circonstances de la collision.

Il y a une dizaine d’années, un jeune homme de 20 ans avait déjà perdu la vie après une perte de contrôle sur ce tronçon. En novembre 2009, une femme de 44 ans qui faisait son jogging était morte fauchée par une voiture, à l’endroit exact où s’est produite la collision vendredi soir. Une pierre, au bord de la route, le rappelle.